dimanche 7 février 2010
dimanche 31 janvier 2010
vendredi 15 janvier 2010
A bord d'un village philippin flottant
Il est 9h30. Je suis sur le ferry, à Puerto Princesa, en partance pour Manille. Nous attendons que le Super Ferry quitte le port. Je me promène alors sur cet énorme bateau, ce village philippin flottant: les caisses de marchandises s'entassent entre mandarines, appareils électroménagers et vêtements. Les coqs enfermés dans leur petite caisse en carton troué chantent à toute heure et non seulement à 6h du matin, les philippins chantent également matin, midi et soir.... surtout le soir, dans le karaoké servant accessoirement de restaurant-cantine pour les 32h de trajet à venir; des vendeurs passent entre les lits-couchettes et crient "café, Milo(chocolat à boire), iced tea, youhouuuu !" à partir de 6h15 du matin. Les gamins courent partout et tuent le temps en jouant à s'attraper ou à se battre. Les gens discutent, se promènent, chantent, vont prendre le soleil sur le pont à l'avnt du bateau. L'ambiance est unique. Même si les dernières heures s'étirent, le voyage était empli de vie, les paysages côtiers sont magnifiques, et la lumière du matin et du soir n'ont pas leur pareil.
De mon côté, je tue le temps à lire, me promener, profiter de la vue, me reposer, prendre des photos et écouter de la musique. Mais alors que j'attends le départ du ferry et que je me promène sur le pont, j'aperçois un amoncellement de pirogues en contrebas. Je trouve ça beau, alors je prends des photos. Et même si je comprends ce qu’il se passe, je continue à prendre des photos…
Mais au bout d’un moment, je réalise réellement ce qu’il se passe et j'ai honte,d’avoir pris ces photos sans réel recul, sans émotion. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces bébés sur ces bangkas , ils mendient. Et les philippins, assistant à cette scène, leur lancent des pièces, comme durant un spectacle de rue. Ils plongent de leur bateau dans l’eau pour attraper la pièce, remontent à la surface puis se remettent à crier, à supplier les passagers du ferry d'en lancer d'autres. Et certains continuent comme si c'était un jeux. C'est comme si ces mendiants n'étaient même plus des hommes. Quel dégoût envers les passagers ayant lancé des pièces et quelle tristesse envers ces gens s’entassant sur leur pirogue, vivant même peut être dessus, avec leurs nombreux enfants, et devant se placer comme à un statut inférieur à ceux qui leur accordent leur pitié.
mardi 12 janvier 2010
Je reviens aux nouvelles !
Ca fait longtemps que je n'ai pas écrit sur ce blog donc je vais essayer de me remettre à la tâche. En fait j'aurais énormément de choses à dire et encore plus à montrer mais ça prendrait des pages et des pages donc je vais essayer de synthétiser mes dernières aventures. Je voulais mettre mes dernières photos sur mon compte Flickr mais il ne ne reste que 4 photos disponibles avant que je sois obligé de passer à la version pro (25$ par an ce qui n'est pas très attirant). Je vais donc devoir mettre mes photos sur ce blog. Je vais essayer de ne pas trop surcharger en mettant que mes préférées. Après ces nombreux mois aux Philippines, je commence à avoir du recul sur les différences culturelles et commence à voir apparaître certains aspects récurrents et marquants dans la vie des philippins. Je vais donc essayer de parler un peu plus de ces aspects là même si je n'abandonnerai pas les récits des voyages.
En fait, pour les vacances de noël, pendant que le froid, la pluie et les nuages s'abattaient sur la France, je suis parti pour 3 semaines dorer ma petite peau blanche à Palawan, île magnifique à l'ouest des Philippines regorgeant de paysages variés et époustouflant. Un rêve éveillé. Le paradis pendant 19 jours. J'ai voyagé avec Abi du nord au sud à moto, sur le toit de jeepneys, en vans surchargés, en ferry, en bangkas (pirogue à balanciers), en tricycle et bien sûr à l'aide de nos robustes jambes qui ont souffert du lourd sac à dos et du manque d'exercices de ces deux dernières années.
Je vais ainsi vous montrer les photos de Palawan, de Busuanga et Coron Islands (îles au nord de Palawan) mais une vidéo commentée est en préparation pour vous raconter précisément le voyage. A ce moment précis, pour que vous ayez une idée un peu plus précise d’où je suis allé, vous pouvez consultez la carte ci-dessous.

mardi 13 octobre 2009
Aide Tatalon
J'ai fait ce diaporama pour résumer nos actions de la semaine dernière. Les photos ne sont pas seulement de moi.
jeudi 8 octobre 2009
Entre Espoir et Désespoir.
La situation évolue à Tatalon. Nos opérations de court terme touchent à leur fin. Une grande joie d'avoir réussi à faire tout cela. Un grand soulagement d'avoir pu aider ces hommes, ces femmes et ces enfants dans un besoin urgent de nourriture, d'eau, de médicaments et de conditions sanitaires décentes . Cela tient au miracle. Nous avons obtenu environ 20 OOO€ et avons dépensé environ 6 OOO€. Le solde va être utilisé pour annuler les dettes des membres d'ICDC, ayant contracté des prêts auprès des membres de Babyloan, qu'ils ne peuvent pas rembourser. ICDC a besoin de 1,8 million de pesos, environ 27 OOO€ pour relancer l'activité auprès de 900 familles (2 000 pesos par famille).
Le nettoyage de la zone est en cours, cela avait débuté mardi dernier. Le nettoyage a duré toute la journée et a été efficace. Même avec des camions poubelles, même avec une pelleteuse, même avec 50 volontaires de la Croix Rouge Philippine et du quartier et même 100 policiers de la ville, la tâche est énorme et seulement une rue a été nettoyée. Pas de nettoyage mercredi et jeudi car la Croix Rouge ne pouvait nous fournir les camions poubelles. On continue finalement vendredi, samedi et lundi sans camion, en remplissant des sacs de riz de 50kg pour que le jour (un jour peut être) où les camions poubelles passent, ils n'aient juste qu'à prendre les sacs et le bois mis en tas. 17 volontaires de la Croix Rouge sont venus vendredi avec un renfort d'une vingtaine d'enfants et de femmes de la rue, les hommes contemplant le travail. Samedi et lundi, la Croix Rouge nous ont laissé tomber et on a donc pu compté seulement sur 2 volontaires d'ICDC, une dizaine d'enfants, quelques femmes et 2-3 hommes. Enfin, aujourd'hui, mardi, 20 volontaires de la Croix Rouge devaient venir mais seulement 8 ont finalement pointé leur nez.
Un grave accident arriva mardi dernier avec un des camions poubelles. Un volontaire de Tatalon est mort suite à une hémorragie, écrasé par un battant de la benne du camion poubelle. Cette mort nous a profondément affecté. Notre rêve se transforme en cauchemar. A-t-on assez établi de normes de sécurité ? Que peut-on faire suite à ça ? On voulait aider les gens et on en tue. On voulait arrêter le travail pour un temps en hommage et organiser quelque chose en sa mémoire. Mais en même temps, on voulait continuer le nettoyage de la zone, les tas d'ordures s'agrandissant de jour en jour et les maladies se propageant très rapidement dans le quartier. Les Philippins quant à eux ont improvisé une messe juste après l'accident, et ont continué le travail. La culture autour de la mort est complètement différente. Je pense que la forte importance de la religion y est pour quelque chose, la culture du pays également.
Cet homme avait 29 ans.Il part, sa femme reste, avec 2 enfants, un bébé de 3 mois et une fille de 3 ans. Elle a également perdu son commerce suite aux inondations. Vendredi soir, durant la distribution de la nourriture et d'eau, sa mère faisait parti des personnes les plus pauvres, autorisées à recevoir notre aide alimentaire. La misère au sein de la misère. Profond désespoir pour cette famille. Profond malaise pour nous.
Aussi, à la suite du typhon et des maladies qui se propagent, 4 enfants sont morts de la diarrhée et un de la Dengue, sans qu'on ait pu intervenir. On arrive trop tard pour eux. On fait ainsi tout notre possible pour aider ceux encore en vie: On a démarré notre distribution de nourriture et d'eau jeudi dernier: 400 familles d'environ 7 personnes approvisionnées pour 3 jours. On a également démarré notre action médicale jeudi dernier. On a réussi à faire venir 5 docteurs et 4 infirmières pour des consultations et des médicaments gratuits pour les grands cas d'urgence et les enfants de 0 à 5 ans ; 85 enfants pris en charge. Vendredi, nouvelle action médicale, 4 docteurs et 5 infirmières. Environ 115 personnes de tout âge repartant avec un diagnostique et des médicaments. Aujourd'hui; un seul docteur de la croix rouge et 7 infirmiers et infirmières volontaires. 120 patients traités. Des cas de grande fièvre, jusqu'à 40°, des diarrhées, la tuberculose, toux, rhum, grosses coupures, infections, gangrène...
Vendredi matin, une gamine de 2ans arrive dans notre centre médicale avec une vilaine blessure à la tempe ; elle a joué avec un couteau, est tombée et se l'est enfoncé, un peu, dans la tête. Les médecins l'ont pris en charge mais des éclats de métal du couteau étaient toujours coincés dedans. Elle est donc repartie avec ces parents, tout simplement, avec des bouts de couteau dans la tempe. Normal. Pas d'argent, pas d'hôpital. On a ensuite pensé lui payer l'hôpital et on a donc demandé à Ate Zény, la "chef" d'ICDC de voir si c'était possible mais il n'y a toujours pas de suite à cela.
Ce projet, m'apparaissant fou au départ mais la révolte et la volonté d'aider des personnes dans un grand besoin m'ayant fait foncer, m'a permi de ressentir des sentiments jusqu'alors jamais ressentis aussi forts et aussi entremêlés. Chaque jour, des apprentissages, des découvertes, des rencontres. Entre rage, tristesse, dégoût, dépit et désespoir et curiosité, joie, rires, sourires et espoir. J'ai ressenti tout cela, je le ressens encore. J'ai pu le partager avec mes amis d'ici et avec les enfants, les hommes et les femmes que j'ai rencontré, dans les rues, dans les squats, sur les tas d'ordures, dans la boue, dans le riz pourri, dans l'attente d'un médecin où dans l'attente de nourriture et d'eau.
Vie et Mort s'entremêlent. Espoir et Désespoir s'entremêlent, et moi, avec toute mon innocence, je me retrouve au milieu, spectateur, dépassé par des forces externes et des pouvoirs tout puissants dominés par la soif d'argent et d'un pouvoir plus grand.
lundi 5 octobre 2009
Prêts à passer à l'action !
c'est fou : c'est bon on a dépassé les dons du gouvernement français (10 000€) ! On a 10 600€. Continuez à nous soutenir donc et faites passer le message à vos proches et amis ! On manque toujours cruellement d'argent pour toucher un maximum de personnes. On est obligé de limiter chaque aide et se focaliser sur des zones très précises du quartier. Chaque peso compte et les sommes investies nous paraissent astronomiques.
Nos actions sont enfin prêtes à l'action, on commence demain le nettoyage du quartier, et mercredi la distribution de nourriture, d'eau et les consultations médicales. On a un espèce de quartier général avec une pièce pour stocker tout, et un grand jardin avec un espace couvert où l'on va faire la distribution et les consultations.
On a le soutien de la Croix Rouge qui peuvent nous passer jusque 100 camions poubelle du gouvernement, et jusque 10 médecins gratuitement. On commence donc à avoir un réel poids et une possibilité d'important impact sur le quartier.
Les derniers jours qui étaient très incertains font place à une remotivation générale.
Mais, on doit agir vite, très vite... 2 enfants sont morts de la diarrhée ce matin dans un des squats du bidonville (là où on a vu un vieux en train d'agoniser et rencontré une mère qui à ses 2 enfants de 9 et 19 ans disparus).
Gardons espoir. On est pas loin de réaliser quelque chose de grand grâce au soutien de chacun. Des vies sont réellement à sauver. Ne les laissons pas tomber.
Le lien pour les dons est toujours le suivant: http://www.entrepreneursdumonde.org/urgence
et notre site web : http://sites.google.com/site/aidetatalon/home




